Greensleeves (de green : « vert » et sleeve : « manche ») est une célèbre chanson d'amour anglaise traditionnelle du XVIe siècle des débuts de la Renaissance, dédiée à Lady Greensleeves (une mystérieuse « dame aux manches vertes »).
Histoire
La légende populaire britannique attribue cette chanson au roi Henri VIII d’Angleterre (1491-1547) sur le thème de ses sentiments amoureux non réciproques pour sa seconde épouse et reine d’Angleterre Anne Boleyn (1501 ou 1507-1536) au moment de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance anglaise, « Hélas, mon amour, tu me fais une injustice en me repoussant dans une querelle, pendant si longtemps je t'ai été fidèle, plein de bonheur à tes côtés. Greensleeves était toute ma joie, Greensleeves était mon délice, Greensleeves était mon coeur d'or, et qui d'autre que Lady Greensleeves ?... ». Cette chanson devient alors très connue sous l'ère élisabéthaine de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre (fille héritière d'Henri VIII et Anne Boleyn).
Cette ballade populaire a probablement circulé sous forme de manuscrit, c'est-à-dire de « copie manuscrite », comme la plupart des musiques populaires de cette époque, bien avant d'être finalement imprimée pour la première fois en 1580 à la Stationers' Company de Londres, sous le titre de A New Northern Ditty of the Lady Greene Sleeves. Il ne subsiste aucun exemplaire original de cette impression, ni aucune trace de son véritable auteur-compositeur.
Reprises et adaptations
L'auteur anglais William Chatterton Dix (en) adapte cette musique en 1871 avec des paroles de chant de Noël, sous le nom de What Child Is This? (en), traduit en français par Quel est l'enfant ? Il reprend la musique originale avec un pastiche (spirituel, d'inspiration chrétienne) c'est-à-dire un texte différent du texte d'origine, sans aucune idée de caricature. De même pour le chant de l'angélus : Voici que l'Ange Gabriel, et la musique "Vendesha" ou "Vendeja" depandant de la version de la chanson qui date de 1938.
Musique
Il existe différentes interprétations et variantes, suivant les régions. Le morceau apparaît bien sûr dans différentes tonalités. Les deux premières notes sont souvent données en exemple d'intervalle de tierce mineure, aisément mémorisable.
La cinquième note est généralement bémolisée (tonalité mineure) mais selon les versions et traditions elle est parfois naturelle (tonalité majeure), ou varie au sein du même morceau donnant des accents chromatiques dans la tradition de la musica ficta.
Elle est fondée sur le passamezzo antico, une basse obstinée (appelée ostinato en italien, ground en anglais) qui est une progression d'accords répétée obstinément d'un bout à l'autre d'une pièce instrumentale. Le passamezzo a été populaire pendant la Renaissance italienne et connu dans toute l'Europe au XVIe siècle, comme la Romanesca, très voisine.
Le Greensleeves est appelé Payssanos dans le codex de Santiago de Murcia (Mexico, c. 1730).
La chanson est traditionnellement chantée sur l'air suivant :
(code Parsons *uuuudddduuudrduudd)
Paroles
Originales
Version de 1584, rapportée par Francis James Child en 1860 (en anglais élisabéthain).
Traduction
Interprétations notables
Cette chanson est reprise et adaptée par de nombreux interprètes, dont :
Jazz
Folk-rock
Folk
- Jean-Yves Lozac'h (Pedal Steel Guitar, Banjo), Album Banjo Paris Session (volume 1, 1975: Pony/Musigrass P 001, puis Cezame 1005).
- David Nevue (piano), dans l'album Sweet Dreams & Starlight.
- La Primavera, dans l'album English Renaissance Music.
Musique celtique
Musique ancienne et classique
Œuvres
- 1730 : Santiago de Murcia, Codex no 4 (Mexico c. 1730) pour guitare baroque, Payssanos.
- 1907 : Ferruccio Busoni, Turandots Frauengemach (La chambre des dames de Turandot), in Elégies, BV 249, no 4 Intermezzo, 1907.
- 1911 : Gustav Holst l'utilise comme deuxième thème du Finale de sa Deuxième suite en Fa majeur pour orchestre militaire (1911), pour former un contraste mélodique avec le thème plus rythmique du « Dargason ». Ce mouvement sera transposé pour orchestre à cordes pour le finale de la Suite St Paul (1912).
- 1934 : Ralph Vaughan Williams : Fantasia on Greensleeves pour orchestre, créée en 1934, et une harmonisation pour chœur mixte (Adrian Boult (1971) EMI/Odeon Records ASD 2750)
Instrumental
- Jordi Savall (2001)
- Lily Laskine, (Harpe) (1982)
- Dimitri Bouclier, (2008) (version accordéon arrangée par W. Semionov)
Vocal
- Aafje Heynis (1960)
- Alfred Deller, (Haute-contre)
- Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois (1977) : Bébé Dieu (Noël Anglais)
- The King's Singers (1989)
- Patricia Petibon (soprano colorature) : Nouveau Monde (2012)
- Marie-Des-Anges, Quatuor GreenSleeves
Pop
- Vanessa Carlton : une chanson non lancée[réf. nécessaire]
- Richard Anthony : Loin (« J'entends la mer et le vent chanter... »)
- Fernand Gignac : Au pays de l'espoir (chanson se trouvant sur son album de Noël)
- Forestella : Moonlight (dans l'album "The Beginning: World Tree", 2022)
Musique francophone
- Jacques Brel : la mélodie d'Amsterdam, créée en 1964, s'inspire de l'air traditionnel de Greensleeves
- Les Champions : la pièce Loin est une reprise de Greensleeves aux accents rock instrumental.
Musiques électroniques
- Two Deejays featuring Medieval : Greensleeves (Cyber Music, 1997)
- Toby Marlow et Lucy Moss : Ex-Wives (passage de la comedie musical SIX (2017))
Au cinéma
- 1962 : La Conquête de l'Ouest, d'Henry Hathaway, John Ford et George Marshall, avec John Wayne, interprétée par Debbie Reynolds sous le titre A Home in the Meadow.
- 1962 : Presque des anges, de Steve Previn (en).
- 1993 : Le Jardin secret, d'Agnieszka Holland.
- 2005 : Orgueil et Préjugés, de Joe Wright.
- 2010 : Un poison violent, de Katell Quillévéré, interprétée par Barbara Dane.
- 2014 : Naruto the Last, le film, de Tsuneo Kobayashi, prologue composé par The Royal Scots Dragoon Guards.
- 2015 : Jun, la voix du cœur, de Tatsuyuki Nagai.
Greensleeves était également le thème du téléroman québécois Le Survenant, entre 1954 et 1960.
Jeux vidéo
On le retrouve dans certains jeux vidéo, dont la série King's Quest, Overlord (sorti en 2007) (L'Auberge du septième ciel dans La Ville du pic du paradis), The Settlers (Blue Byte - 1993), Anno 1602, Pilgrim, Heroes of Might and Magic II où on le retrouve dans le thème du château de la sorcière et plus anciennement dans Jimmy Business sorti en 1985 sur plate-forme Amstrad dont il est le thème principal, ainsi que dans The Apprentice l'année suivante sur le même ordinateur.
Hommages
L'astéroïde (19631) Greensleeves, découvert en 1999, est nommé en l'honneur de la chanson.
Notes et références
Articles connexes
- Musique de la Renaissance
- Musique britannique
Liens externes
- Ressources relatives à la musique :
- International Music Score Library Project
- AllMusic
- ChoralWiki
- MusicBrainz (œuvres)
- SecondHandSongs
- La partition [PDF], sur rhapsody.fr.
- [vidéo] « Greensleeves - English Folk Song », sur YouTube.
- (fr) [vidéo] Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois, « Bébé Dieu (Noel Anglais) », sur YouTube, .
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